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Cosmétique : les bases
8 idées reçues sur la cosmétique

8 idées reçues sur la cosmétique

Les effets négatifs de l’alcool présent dans les cosmétiques fait partie des idées fausses souvent répétées (Photo Pixabay veerasantinithi).


Les produits de beauté font aujourd’hui partie de notre quotidien. Bien utilisés, ils permettent de combattre efficacement les signes du temps qui passe grâce à toute une série de produits auxquels nous ne faisons plus attention. Pourtant, derrière ce qui y est devenu une habitude ou des évidences, comme souvent, beaucoup d’idées reçues sévissent dans ce domaine…

 

Idée reçue n°1 : les produits cosmétiques ne sont pas efficaces

Avec tout le respect que l’on doit aux dermatologues, cette affirmation est souvent entendue dans la bouche de nombre d’entre eux. Parce que son action se limite officiellement aux « couches supérieures de l’épiderme », la cosmétique ne serait pas être efficace. Mais force est de constater que les dossiers d’essais cliniques sont en général faits avec le plus grand sérieux. Certes, on se doit de regarder avec une moue dubitative les allégations du genre « 100 % des utilisateurs sont satisfaits »… ce qui semble logique, sinon ces personnes ne seraient pas utilisateurs desdits produits, a priori ! On sera également prudent devant des allégations qui promettent une amélioration des caractéristiques cutanées dans les minutes qui suivent l’application du produit testé, alors que bien souvent les protocoles de test obligent au contraire d’attendre au moins quelques heures pour que le produit résiduel sur la peau n’ait pas d’interaction possible avec la mesure (faite par exemple par une mesure électrique dans le cas de l’hydratation, la résistance électrique de la peau étant fonction de la teneur en eau des cellules).

Et si on doit admettre qu’en termes d’efficacité clinique pure une huile même « bio » ne saurait être aussi efficace qu’un produit sophistiqué associant des actifs formulés en synergie, on trouvera aujourd’hui sur le marché des produits de cosmétique naturelle avérée (certifiée) qui possèdent des caractéristiques tout à fait comparables voire supérieure avec des produits de « dermocosmétique » vendus en pharmacie, le naturel et la sécurité à long terme en plus. En sachant que, parfois, la lecture attentive des compositions (liste INCI) de ces produits dermocosmétiques de « marques laboratoires » laissent également assez dubitatif en comparaison de beaucoup de marques de cosmétique bio.

Idée reçue n°2 : les produits « cliniquement testés » sont plus efficaces…

Une idée reçue, alors que nous venons de dire que les études cliniques bien faites reflètent la qualité effective d’un produit ? Entendons-nous : « efficacité cliniquement démontrée », chiffres à l’appui, est une allégation qui mérite le respect. Mais celle de « cliniquement testé », « formulé sous contrôle dermatologique » ou « testé en laboratoire », est insuffisante… car elle correspond à une obligation légale minimale : celle de vérifier la tolérance cutanée d’un produit, c’est-à-dire qu’il n’est pas agressif. En aucun cas « cliniquement testé » signifie systématiquement que c’est l’efficacité qui a été vérifiée et que celle-ci confirme qu’il s’agit d’un « très bon produit » car particulièrement efficace.

Idée reçue n°3 : L’alcool est nocif pour la peau et il faut donc éviter les produits qui en contiennent.

Quelques instants suffisent pour trouver sur Internet des consommateurs qui s’inquiètent de la présence d’alcool dans les cosmétiques, aussi bien des produits de soin comme des crèmes que des toniques, car « l’alcool est mauvais pour la peau, il la dessèche ». En fait, il ne faut pas oublier deux facteurs importants : le type d’alcool et la dose.

Concernant le type d’alcool, pour des questions de taxation (taxe dite « droit d’accise »), les fabricants cosmétiques (surtout des marques conventionnelles) emploient souvent de l’alcool dénaturé (alcohol denat. dans la liste des ingrédients), rendu impropre à la consommation alimentaire par l’utilisation de composés peu sympathiques comme le DEP (diethyl phtalate). Si les marques de cosmétique naturelle et bio emploient très souvent de l’alcool alimentaire non dénaturé, quand elles dénaturent l’alcool, les substances employées sont d’origine naturelle (huiles essentielles par exemple). Donc seuls certains alcools (industriels), principalement employés par les marques conventionnelles, peuvent susciter intrinsèquement quelques craintes, à cause de la présence de ces dénaturants chimiques.

Ensuite, comme souvent, « c’est la dose qui fait le poison ». A forte dose, l’alcool peut certes dessécher la peau (comme la glycérine, qui est aussi un alcool !), mais à des doses bien choisies, il est parfaitement efficace, sans effet indésirable, pour ce à quoi il est destiné. Par exemple, dans un tonique, tonifier la peau, refermer les pores ouverts par les laits et gels nettoyants pour un nettoyage en profondeur.

Le formulateur est parfois face à un dilemme : si dans une crème ou un autre type d’émulsion on veut se passer de conservateur, même naturel ou nature-identique, là aussi pas de « miracle » : il faut bien trouver un actif qui empêcher le développement des germes. L’alcool est une des solutions possibles, tout l’art consistant à trouver la dose ad hoc, sans exagération. 20 % d’alcool ou plus dans une crème fera certes que celle-ci pourra provoquer un sentiment de dessèchement. Mais certains fabricants arrivent à limiter cette dose à 7 à 10 %, dose efficace pour la conservation et qui ne dessèchera pas. Sans oublier qu’en général une grande partie de l’alcool s’évapore dès l’application du produit. Seul conseil : éviter les cosmétiques avec une teneur en alcool importante chez les bébés ou les personnes à la peau hypersensible.

Idée reçue n°4 : il faut préférer les produits hypoallergéniques

D’après les « Recommandations de bon usage des produits cosmétiques à l’attention des consommateurs » publiées par l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité des Médicaments), l’organisme de tutelle en matière de cosmétiques, « Un produit cosmétique revendiquant la mention "Hypoallergénique″ est un produit formulé pour minimiser le risque allergique lié à son utilisation. Cette mention n’est donc pas une garantie pour éviter totalement d’éventuelles réactions allergiques ou photo-allergiques suite à son utilisation ».

Et selon les termes de l’ARPP, l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité, « Le terme “hypoallergénique” est le seul mot dérivé d’allergie qui puisse être utilisé, sans explication particulière, pour qualifier des produits conçus de manière à minimiser le plus possible les risques d’allergie. Tous les autres termes dérivés du mot “allergie” sont interdits. 

Le terme “allergie” ne peut être utilisé qu’avec une grande prudence. L’utilisation de ce terme doit être conforme aux usages de la profession ».

Le problème, ainsi que le souligne un rapport de l’Institut National de la Consommation paru dès 2005, est que « la nature et la batterie des tests [permettant de déduire que l’application du produit entraîne une incidence mineure des réactions qui apparaissent sur l’épiderme] n’est pas définie avec précision par les autorités nationales ou communautaires, si bien que cette allégation peut induire le consommateur en erreur. De plus l’allergie est un phénomène qui peut se produire à n’importe quel moment dans la vie d’un individu, on ne peut donc pas garantir qu’un cosmétique ne provoquera jamais de réaction ». En clair, il n’existe aucune méthode normalisée !

Cette absence de méthode normalisée fait que nombre de marques, de cosmétique naturelle en particulier, se refusent donc à employer une telle allégation, par honnêteté intellectuelle même si elles ne doutent pas de leurs produits. Concernant les autres marques qui promettent des produits « hypoallergéniques » cela ne constitue donc pas une garantie à 100 %.

Idée reçue n°5 : le savon est le produit le plus naturel pour nettoyer la peau

Produit naturel ? Dans un sens oui. Mais il faut rappeler que le savon est le résultat d’une réaction chimique appelée « saponification » qui, quelle que soit la technique mise en œuvre (à froid ou à chaud), correspond à une réaction entre d’une part des graisses (huiles végétales par exemple), purifiées et éventuellement décolorées, et d’autre part une « lessive alcaline », c’est-à-dire à base de soude, produit chimique hautement actif. Au sens strict du terme, il y a donc des produits plus « naturels ». Qui plus est, en raison de sa fabrication même, le savon sera toujours légèrement alcalin (inverse d’acide), alors que la peau est légèrement acide. L’emploi de savon déséquilibre donc momentanément la peau, la dessèche (éliminant sa couche protectrice lipidique) : rougeurs et irritations peuvent ainsi apparaître chez les peaux les plus sensibles.

Le savon est en général un produit à proscrire pour le nettoyage du visage (Photo Pixabay Gefrorene_wand).
  Le savon simple, de toute façon incapable de nettoyer réellement les graisses tenaces, est en général ainsi à proscrire totalement pour le nettoyage du visage. Il faut lui préférer des laits ou gels nettoyant capables de nettoyer les graisses, et dont le pH (valeur qui mesure l’acidité ou l’alcalinité) est respectueux de la peau. Le savon est avant tout à réserver pour le nettoyage des mains. S’il y a un produit totalement naturel pour nettoyer la peau sans l’agresser, c’est le rhassoul (argile de soin), que l’on peut aussi utiliser comme shampooing, pour le corps, et dont certaines qualités conviennent même aux peaux les plus sensibles.

Idée reçue n°6 : on peut se passer de crème de nuit

Petit rappel rapide de la différence entre une crème de jour et une crème de nuit… La crème de jour est surtout protectrice (contre les UV, la pollution…), parfois matifiante et doit être une bonne base pour le maquillage. Une crème de nuit est avant tout nourrissante, c’est-à-dire souvent plus riche et plus onctueuse. En rappelant aussi que même les peaux grasses et mixtes peuvent manquer d’hydratation et de « bons » lipides.

Les formulations optimales pour nourrir la peau, de par cette « richesse » de texture ne conviendront pas le jour et ne sont pas une bonne base de maquillage. Par ailleurs et surtout, les biologistes savent que c’est dans le dernier tiers de la nuit que les cellules cutanées se renouvellent (jusqu’à 8 fois plus vite que pendant la journée). Et c’est bien au moment où la « machine » tourne à « plein régime » qu’il faut lui apporter le « carburant » (nutriments, énergie) dont elle a besoin. La régénération se passe la nuit, et la crème de nuit lui apporte les conditions optimales. Quant à la seule marque, quasiment (parmi des milliers de marques du marché), qui affirme qu’il faut ne faut pas utiliser de crème de nuit pour ne pas « surcharger » la peau, elle joue en fait sur les mots, car elle propose d’autres soins ou cures de nuit…

Idée reçue n°7 : Je bronze peu, donc il me fait une protection solaire de faible IP pour mieux bronzer

Les connaissances du grand public en matière de protection solaire s’améliorent de jour en jour, mais il n’est pas rare de voir encore des consommateurs réclamer des produits solaires avec un IP (indice de protection) le plus faible possible afin d’être sûrs de bronzer.

Les produits solaires sont l’objet de nombreuses idées reçues (Photo Stocklib vivilweb).
 

Mais il n’y a pas de « miracle » : les personnes bronzant peu (phototype parfois appelé « irlando-celtique » ou « nordique », avec une peau blanche, des yeux clairs, les cheveux roux ou blonds, des taches de rousseur) ne « peuvent » pas bronzer, et même ne doivent pas bronzer. Vouloir laisser passer le plus possible d’UV pour avoir une petite chance d’acquérir un (très) faible hâle est alors surtout ouvrir la porte à des atteintes très graves de la santé de la peau.

Quand on a un tel phototype, c’est donc au contraire les IP les plus élevés (minimum 30 à 50) qu’il faut rechercher. Et si on estime que la beauté passe quand même par un teint plus coloré, maquillage et autobronzant sont là pour y répondre…

Idée reçue n°8 : Les autobronzants sont des produits solaires

Les autobronzants ne sont nullement des produits solaires au sens strict : ils vont juste donner un hâle agréable et séduisant à la peau, comme le fait le maquillage pour le visage. Ils fonctionnent par une réaction naturelle d’un de leurs composants (apparentés aux sucres) avec les acides aminés présents à la surface de notre peau. Mais ils n’apportent absolument aucune protection contre les UV et ne permettent donc pas de s’exposer impunément au soleil !

Ils constituent néanmoins un « plus » pour la santé, car le résultat étant obtenu en l’absence de soleil (et de ses dangereux rayons UV), cela permet d’afficher quand même un hâle sympathique tout en préservant son capital santé.

A noter que, de la même façon, aucun produit cosmétique « 100 % naturel » ne constitue un réel filtre contre les UV, contrairement à ce qu’affirment certains blogs voire certaines marques. L’indice de protection (IP, FPS ou même SPF en anglais) naturel d’une simple huile végétale, même au roucou, ou d’un beurre de karité est parfaitement insuffisant pour protéger contre le soleil. Selon la réglementation européenne, un produit solaire doit offrir au minimum un IP de 6 (protection dite « faible »). Or certaines marques annoncent des IP 4 pour leurs huiles naturelles, ce qui est légalement insuffisant pour s’annoncer comme protection solaire.

Les huiles contenant simplement du roucou n’apporte aucune protection satisfaisant contre le soleil, quel que soit le type de peau (Photo Pixabay Tongo).