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Soin du visage
Démaquillage du visage

Démaquillage du visage


Même à base d’huiles végétales bio et autres ingrédients parfaitement naturels (en plus de la soude servant à sa fabrication), le savon n’est pas l’ami de la peau du visage (Photo Pixabay ulleo).


« Je respecte ma peau en la soignant au naturel, en n’utilisant qu’un savon. D’ailleurs, je n’ai pas besoin d’un lait démaquillant : je ne me maquille pas ». Une affirmation très courante, que vous avez peut-être même faite vôtre. Le nettoyage de la peau est pourtant le premier geste de beauté, opération capitale, malheureusement trop souvent négligée.


Objectifs d’un bon nettoyage

Le nettoyage a pour but d’éliminer maquillage, poussières, sébum, sueur, bactéries, cellules mortes et autres impuretés et saletés qui peuvent obstruer les pores, et pour certaines, agresser la peau. C’est pourquoi, même si vous n’êtes pas maquillée (précision concernant les femmes…), visage, cou et décolleté doivent être impeccablement nettoyés.

En guise de préambule, notons que certaines marques, étrangères notamment, appellent parfois « lait démaquillant » un lait qui est en fait bien un « lait nettoyant », comme le prouve d’ailleurs en général le nom sur l’étiquette dans les autres langues : Cleansing Milk en anglais et Reinigungsmilch en allemand. Il s’agit tout simplement d’une erreur de traduction et ce produit convient également à des personnes ne se maquillant pas, contrairement à ce que croient beaucoup de personnes.

La première qualité d’un agent nettoyant est bien entendu sa capacité à enlever les souillures.

Cette action détergente se déroule en deux étapes : mouillage de la surface de la peau puis mise en suspension des particules et salissures, de façon à les éliminer ensuite lors du rinçage.
 

L’eau seule est parfaitement incapable de nettoyer efficacement (Photo Pixabay pexels).

Insuffisant : le savon

C’est pour cette raison que le savon, aussi « naturel » soit-il (la saponification est néanmoins l’action de la soude ou de la potasse sur un corps gras, huiles végétales dans le cas des savons naturels) n’aura jamais une action optimale en comparaison d’un lait ou d’un gel nettoyant.

D’abord, le pH de la peau - entre 5 et 6 – doit être respecté. Or les savons ont une action alcaline : au contact de l’eau, ils libèrent une certaine quantité de soude, certes faible, mais faisant monter le pH jusqu’à 8 ou 8,5. C’est le cas notamment du savon de Marseille - le type même du savon pourtant sans additif chimique - que beaucoup ne supportent pas. Si notre peau a le pouvoir de rééquilibrer son pH en deux heures environ, cette augmentation du pH est souvent mal supportée par les peaux sensibles ou sèches, en particulier sur le visage et les mains. Certaines femmes qui utilisent du savon parce qu’elles se disent avoir la peau sensible ont peut-être la peau sensibilisée… parce qu’elles utilisent en fait du savon. Petite « chance » des hommes : ils ont la peau du visage plus épaisse et plus résistante, mais ils peuvent également être concernés par le choix d’un autre nettoyant visage que le savon.

Certes il existe des « pains dermatologiques », appelés aussi « savons sans savon » car ils ne sont pas, au sens chimique du terme, issus de la saponification. Ils sont connus sous le nom de « syndets », pour synthetic detergents en anglais. Existant sous forme liquide ou solide, leur pH n’est certes pas agressif, mais si leur action nettoyante est bonne, leur rinçage reste parfois difficile en comparaison d’un vrai savon. Et surtout, ils contiennent en général plusieurs tensioactifs de synthèse, associés à d’autres composants également partiellement ou totalement d’origine synthétique (c’est-à-dire que tout cela est issu de la chimie du pétrole !). Parmi les ingrédients que l’on peut trouver dans les syndets, on peut citer : Cocamide MEA, Disodium EDTA, Magnesium Laureth Sulfate, Paraffin, Petrolatum (vaseline), Polysorbate-20, PEG 120 Methyl Glucose Dioleate, PEG-7 Glyceryl Cocoate, PEG-200 hydrogenated, Polyquaternium-11, Sodium Laureth Sulfate, etc. Tout cela chez des produits de marques pourtant dites de « dermocosmétique » (donc pour peaux sensibles, délicates et autres problèmes), mais qui sont autant d’ingrédients totalement interdits en cosmétique naturelle et bio certifiée !

Le lait, pour un nettoyage complet

Au sens chimique du terme, un savon est avant tout un tensioactif, servant à mettre en contact le corps gras (sébum, impuretés grasses dues à la pollution atmosphérique) et l’eau de la toilette, le rinçage éliminant ce mélange.

C’est pourquoi le meilleur agent nettoyant reste le « lait de toilette ». Comme son nom l’indique, à l’instar du lait aliment, c’est une émulsion huile-eau, qui grâce à la présence des deux phases aqueuse et huileuse, présente de meilleures capacités à mettre en suspension ou dissoudre les impuretés, liposolubles et hydrosolubles. A titre anecdotique, on rappellera que jamais un savon n’enlèvera correctement du goudron salissant par accident un vêtement : il faut d’abord l’émulsifier avec un corps gras, puis utiliser un savon. Le lait nettoyant, lui, contient naturellement les deux phases susceptibles d’agir.


Le coton n’est pas la meilleure façon d’appliquer un nettoyant : il se sature vite et ne fait que « barbouiller » la peau. Rien ne vaut les doigts de la main (Photo Pixabay chezbeate).
  La meilleure utilisation consiste à l’appliquer sur le visage humide en massant avec les doigts humectés pour faire mousser.

L’emploi d’un coton n’est pas le meilleur choix : il se sature rapidement et répartit la saleté sans masser. Il faut ensuite rincer à l’eau tiède (ou au moins à température ambiante).

L’emploi d’une éponge à démaquiller (lavable) permet enfin d’éliminer les quelques restes de produit.
 

Les alternatives adaptées

Néanmoins, si les laits nettoyants sont bien appréciés par les peaux sèches en manque de lipides (peaux matures exigeantes notamment), leur très légère consistance « grasse » (façon de parler), ne sera pas à l’inverse appréciée par les peaux grasses voire mixtes. Celles-ci préfèreront, et c’est ce qu’il faut préférer dans ce cas, des gels nettoyants, plus légers : ce sont des produits sur base aqueuse, épaissies avec des gélifiants (toujours d’origine naturelle en cosmétique certifiée bien sûr : ex. gomme xanthane), avec des tensioactifs (agents nettoyants) dérivés de sucres ou d’acides aminés.

Les mousses nettoyantes font aussi l’affaire, s’agissant de solutions également aqueuses, non épaissies, avec des tensioactifs plus moussants. Et depuis quelques années on a vu également apparaître en bio les eaux micellaires, également des solutions aqueuses non épaissies, mais qui contiennent en fait de très petites particules d'huile, parfaitement imperceptibles, mais regroupées sous forme de chaînes microscopiques, appelées micelles. Ces eaux micellaires sont en général très douces sur la peau, pouvant bien sûr convenir à tout le monde. A essayer pour voir si cela convient personnellement et laisse ou pas une sensation confortable et apaisée, sinon on peut se tourner vers une des autres solutions évoquées.

 

Bien choisir

Le produit choisi doit surtout être considéré comme un véritable produit de soin. C’est pourquoi lait nettoyant (et aussi tonique) doivent être adaptés à chaque type de peau : avec une peau grasse, il faut réguler, avec une peau sèche, hydrater, avec une peau sensible, calmer, etc. D’où l’importance en général de bien prendre le nettoyant proposé par les marques dans la gamme de soin visage adaptée à sa peau.

Par ailleurs, la peau du contour de l’œil et des paupières, fine et délicate, ne doit être nettoyée qu’avec des produits adaptés, et encore moins avec du savon. En l’occurrence, une huile démaquillante est souvent parfaite pour enlever le maquillage des yeux, en faisant attention à ne pas en mettre dans les yeux.

Insistons : un lait ou gel nettoyant doit nettoyer sans déséquilibrer la peau ni l’assécher, ce qui n’est pas toujours le cas des savons, même à base d’huiles végétales (bio). Les laits de cosmétique naturelle (sans huiles minérales ou silicones, à l’effet « occlusif ») présentent l’avantage de traiter (nourrir) la peau dès le nettoyage, sans parler de l’incomparable effet nourrissant de leurs huiles végétales, important pour les peaux sèches comme évoqué plus haut.

A ne pas oublier : le nettoyage doit toujours être suivi par un tonique, qui sert non seulement à éliminer totalement les éventuels restes de lait ou de gel, mais referme les pores, et, en cosmétique naturelle, participe souvent au soin, en le choisissant lui aussi dans la gamme adaptée au type de peau. Néanmoins, le tonique ne sert pas à rincer le nettoyant ! Dans la pratique, on nettoie (et démaquille) le visage avec le nettoyant adapté, puis on rince à l’eau ce nettoyant. Si l’eau est trop calcaire, on utilisera une eau thermale (spray) ou plus simplement une bonne eau minérale en bouteille. On applique ensuite le tonique (qui peut aussi être une eau florale adaptée). Ce n’est que nettoyée, assainie, tonifiée, matin et soir, que la peau peut à nouveau respirer. Elle est alors prête à recevoir la crème de jour ou de nuit adaptée, en synergie.


Un nettoyage en profondeur régulier

Régulièrement, il faut aussi procéder à un nettoyage plus en profondeur. Par là nous entendons qu’il faut enlever les cellules mortes qui finissent par s’accumuler et qui ne partent pas forcément avec le nettoyage de base quotidien. D’où l’importance, encore plus avec les peaux sèches, d’effectuer un gommage, au moins deux fois par mois. Ce gommage doit bien entendu être fait délicatement, avec un gommage visage non agressif (ce qui n’est pas forcément le cas avec des gommages au sucre, par exemple). Sur les peaux les plus sensibles, on pourra préférer les gommages enzymatiques, souvent plus doux. Toujours tester au préalable bien sûr, pour choisir le gommage qui conviendra le mieux. L’idéal est de pouvoir se procurer des échantillons, certaines marques proposant d’ailleurs des masques en petits sachets pour une ou deux utilisations, ce qui permet de faire l’essai sans trop dépenser.

Après avoir fait ce gommage, il sera aussi utile de faire un masque désincrustant et/ou purifiant. On en trouve un grand nombre, certifiés bio bien sûr, qui conviennent à tous les cas, de la peau sèche à la peau grasse, l’intérêt de l’action purifiante (antibactérienne) pour cette dernière étant évident. Certains masques sont même des 2 en 1 (masque + gommage) et il existe aussi, même en bio, des masques dits « peel off », particulièrement efficaces, qui forment un film qui capturent les impuretés qui sont ainsi éliminés lorsqu’on l’enlève.

Tous ces « produits additionnels » sont autant d’outils permettant d’obtenir une peau plus lumineuse et plus douce.

 

Nettoyer efficacement la peau, c’est aussi recourir régulièrement à des gommages et à des masques désincrustants et purifiants (Photo Pixabay bridgesward).