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Entretien & hygiène de la maison
Encens et parfums d’ambiance : attention à leur utilisation

Encens et parfums d’ambiance : attention à leur utilisation

Encens et bougies, sources de nombreux polluants en raison de la combustion

Selon un sondage réalisé par TNS Sofres en 2014, 37 % des foyers français utilisent des bougies parfumées et 21 % de l’encens. 68% des utilisateurs de bougies parfumées et 58 % des utilisateurs d’encens pensent que cette pratique peut avoir un impact positif ou, au pire, n’a pas d’effet sur la qualité de l’air intérieur. Respectivement 23% et 27 % d’entre eux utilisent même ces produits dans l’objectif d’améliorer cette qualité de l’air intérieur.

Si l’encens n’est pas forcément le produit le plus à la mode, les bougies parfumées sont en effet devenues une véritable tendance, avec des parfums tous plus gourmands les uns que les autres. Certaines marques internationales sont même devenues un « must » chez les jeunes, malgré des prix très élevés.

Malheureusement, ces produits utilisant la combustion comme source de diffusion des parfums dégagent de nombreux polluants volatils, composés particulaires ou gazeux reconnus comme étant toxiques. Ceux-ci peuvent en effet s’avérer vraiment dangereux dans le cadre d’une utilisation quotidienne : acroléine, benzène, éthylbenzène, formaldéhyde, naphtalène, acétaldéhyde, monoxyde de carbone et microparticules. Autant de composés qui s’ajoutent à la pollution de l’air déjà présente dans nos intérieurs (par exemple via le tabac, les produits d’entretien, les solvants présents dans les colles, les peintures, les tissus d’ameublement, les revêtements de sol…). Les risques pour la santé sont nombreux, allant des irritations respiratoires ou oculaires aux maux de tête et aux nausées, et à long terme, une augmentation des risques de cancer, entre autres.

Publiée en 2017, une étude de l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a rappelé la nocivité potentielle de ces produits basés sur la combustion, dont le résultat donne une atmosphère plus nuisible qu’à proximité directe du périphérique parisien, avec par exemple cinq fois plus de benzène, hydrocarbure classé cancérigène. Les produits les plus polluants sont les cônes, suivis des bâtons d’encens. Les bougies restent un peu moins dangereuses, avec dix à cent fois moins de benzène (le principal polluant) que l'encens.

 

(Image fudowakira0 via Pixabay)

A noter que les chercheurs de l'Ademe n'ont pas relevé de différences notables entre les bougies à base de paraffine et celles sur base naturelle (cire d’abeille, de soja ou de colza, par exemple).

Afin de rendre les consommateurs attentifs à ces risques, un décret est paru le 11 mai 2017 au Journal Officiel (décret n° 2017-946), « relatif à l'étiquetage des produits désodorisants à combustion sur les informations de sécurité pour l'utilisateur ». Celui-ci, qui est applicable sur tous les produits mis sur le marché depuis le 1er janvier 2019, rend obligatoire l'affichage de mentions sur les emballages des produits désodorisants à combustion (mis en vente ou distribués à titre gratuit). Ces mentions doivent informer les consommateurs sur les précautions à prendre en cas d'utilisation de ces produits, du fait des émissions de ces polluants volatils. L’étiquetage doit notamment donner, de façon visible et lisible, en langue française ou sous forme de symboles, des informations portant sur la ventilation de la pièce après utilisation ainsi que sur le danger lié à l'inhalation directe de la fumée.

Néanmoins, ce décret ne s’applique pas « aux produits légalement commercialisés dans un autre Etat membre de l'Union européenne ou signataire de l'Association européenne de libre échange, partie contractante de l'accord sur l'Espace économique européen, ou de la Turquie, assurant un niveau d'information sur les précautions à prendre en cas d'utilisation de ces produits équivalent à celui requis par le présent texte ». Prudence donc.

Parfums d’ambiance en spray ou diffuseurs

Innombrables sont aussi les produits proposés en sprays ou sous forme de diffuseurs. Certains, avec des noms gourmands, fleuris, campagnards, exotiques, printaniers ou estivaux, promettent des parfums de fruits ou de fleurs. D’autres (ou les mêmes) s’annoncent comme « purifiants », « assainissants » voire « bactéricides ». Mais on est en droit de se poser des questions quand, tout en bas de l’annonce imprimée ou furtivement en bas de l’écran dans le cas de publicités télévisées, on lit : « Parfum de synthèse. Dangereux. Respectez les précautions d’emploi » !

Malheureusement, si ce type de produits n’est pas soumis à une combustion, ils contiennent quand même des substances potentiellement néfastes pour la santé, dont du benzène, du formaldéhyde ou, pour les personnes concernées par ce problème, de nombreux allergènes.

 

(Image Freepik)

Ce sont en particulier les substances appelées composés organiques volatiles (COV) qui - persistant de longs mois si on n’aère pas - peuvent être irritantes, allergisantes ou toxiques pour les voies respiratoires, de même que pour les yeux ou la peau, provoquer aussi des maux de tête et d’autres désagréments, avec une réelle toxicité à long terme. Notre intérieur peut en contenir plusieurs centaines, provenant comme dit plus de différentes sources domestiques (ameublement, tissus, produits d’entretien…). Un spray d’ambiance peut en contenir plusieurs dizaines à lui tout seul.

Même les huiles essentielles contiennent des substances qui sont des COV, nécessitant donc qu’elles soient employées de façon raisonnée et raisonnable. Point souvent mis en avant par leurs détracteurs, mais qui ne concerne en fait qu’une petite proportion de personnes – qui doivent dès lors, il est vrai, faire preuve de la plus grande prudence – beaucoup d’huiles essentielles contiennent entre autres des allergènes potentiels, comme le linalol, le géraniol ou le limonène.

Les bons gestes

En moyenne, on passe normalement plus de temps chez soi qu’à l’extérieur… Et si on prend en compte le lieu de travail ou la voiture, on approche le 90 % du temps quotidien passé en intérieur. Raison suffisante pour faire attention à la pollution atmosphérique ambiante. D’un autre côté, on peut être confronté à des odeurs (vraiment) désagréables. Et il ne faut pas oublier non plus que les odeurs agréables ont à l’inverse un rôle positif sur notre bien-être.

On peut donc utiliser des produits pour parfumer son intérieur, à condition de respecter une série de règles, qui sont toutes de bon sens.

La première est de privilégier une bonne aération matin et soir, en ouvrant grand les fenêtres pendant une dizaine de minutes. Sauf à habiter à côté d’une usine douteuse ou d’une décharge, ou avec une vue directe sur un périphérique autoroutier, l’air extérieur sera probablement de meilleure qualité que celui de votre intérieur.

 

(Image Hans via Pixabay)

Bien entendu, n’utilisez pas des parfums d’ambiance, sous aucune forme, si votre foyer comporte des personnes à risque : enfants en bas âge, femmes enceintes ou allaitantes, personnes asthmatiques et/ou allergiques, personnes âgées…

Ensuite, ces produits ne sont pas à utiliser en continu, mais seulement épisodiquement, c’est-à-dire au maximum une à deux fois par jour et - pour l’encens et les bougies - 15 à 20 minutes maximum à chaque fois. Dans le cas de produits à combustion, il faut aérer la pièce pendant une dizaine de minutes après emploi.

N’inhalez jamais directement la fumée des produits à combustion, ne respirez jamais le nuage d’un spray ou d’un diffuseur et, pour les sprays, faites attention à ne pas en mettre sur les mains non plus (risque d’irritation ou d’allergie). Si jamais cela vous arrive, rincez-vous abondamment les mains à l’eau savonneuse puis rincez.

Si votre préférence va néanmoins vers l’encens, préférez les bâtons plutôt que les cônes. N’utilisez que des produits sur base naturelle, avec des bâtonnets en bambou et parfumés aux essences et herbes naturelles, sans parfum de synthèse. Certains fabricants intègrent dans leurs bâtons des minéraux (calcaire ou magnésie) permettant de réduire les émissions de fumée. Les prix trop bas de produits « d’importation exotique » doivent être un « signal d’alarme » pour vous.

Pour les sprays d’ambiance, choisissez aussi uniquement des fabricants offrant des garanties, avec des compositions sans le moindre ingrédient de synthèse.

Pour parfumer avec des huiles essentielles, n’utilisez que celles qui sont prévues à cet effet (vérifier en lisant des auteurs sérieux ou en consultant un naturopathe)… et en qualité certifiée bio bien sûr. Evitez les diffuseurs qui les chauffent trop car la chaleur peut entraîner la formation de molécules nocives. Plus simplement, on peut mettre quelques goutes d’huile essentielles dans une coupelle d’eau ou sur un pot-pourri de fleurs séchées.

Plus généralement, vérifiez impérativement, avant l’achat, les précautions d’emploi figurant sur l’étiquetage. Dans tous les cas préférez des fabricants bien identifiés, européens et surtout français : vous aurez plus de garanties en matière de respect des normes (dégagement de fumée et/ou de COV).

N’oubliez pas, enfin, que l’on peut revenir aux bonnes vieilles recettes pour parfumer son intérieur en puisant directement dans la nature : fleurs odorantes déposées sur le linge, bâtons de cannelle que l’on fait bouillir pour que la vapeur diffuse leur odeur ; écorces d’orange que l’on fait sécher sur le radiateur ; fabriquez un pot-pourri avec un mélange d’herbes aromatiques (lavande, cannelle, menthe, romarin…) ; dans la salle de bains, accrochez sous la douche une branche de lavande ou d’eucalyptus ; fleurissez votre intérieur de fleurs délicatement parfumées ou faites pousser des plantes odorantes… Le web regorge d’astuces sympathiques !

 

(Image uphilldeb via Pixabay)