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Cosmétique : les bases
Le maquillage côté nature

Le maquillage côté nature

(image summa via Pixabay)

 

Avec l’explosion du marché de la « vraie » cosmétique bio (certifiée), de plus en plus de femmes ont découvert combien la cosmétique naturelle peut être à la fois efficace et confortable, mais il en reste un grand nombre qui regardent d’un œil suspicieux le maquillage, pour deux raisons. La première est celle des certaines clientes « historiques » de la cosmétique bio, souvent fidèles à leur principe de « naturalité », pour qui être « nature », c’est rester non maquillée. Et la seconde est celle qui, bien qu’intéressées par la cosmétique bio, pensent que le maquillage bio n’est toujours pas « à la hauteur »

Se maquiller, une tradition ancienne

Concernant les femmes qui pensent que la « beauté naturelle » peut et doit même se passer de maquillage, une chose que l’on ne peut pourtant pas reprocher au maquillage, c’est de ne pas être une pratique traditionnelle. Sous toutes les latitudes, dans toutes les ethnies, que cela soit pour des raisons religieuses ou sociales (hiérarchie ou séduction), le maquillage a toujours existé.

Les découvertes archéologiques ont mis en évidence des objets de maquillage qui ont plus de 5 000 ans. Le khôl par exemple est une invention égyptienne. Dès cette époque, on utilisait des onguents parfumés, additionnés de substances végétales ou de pigments minéraux naturels. On se mettait du rouge sur les joues, du fard sur les yeux, des baumes sur les lèvres. Certes, de façon cyclique, certaines époques considérèrent le maquillage comme « impudique », le réservant aux courtisanes, mais il y eut toujours un minimum d’emploi, que cela soit du rouge pour les joues ou du blanc pour être plus « pure ». Excès qui conduisit d’ailleurs à l’utilisation du fameux « blanc de céruse », un produit en fait toxique car à base de plomb…

Après des siècles d’usage de produits principalement d’origine naturelle cependant, arriva l’ère de la chimie. L’invention en 1791 du procédé industriel de fabrication de la soude par Leblanc donne naissance à l’industrie du savon de Marseille. Vint surtout la génération qui débuta avec Paul Baiersdorff, inventeur du sparadrap en 1882, dont la société sera rachetée par Oscar Troplowitz. En 1909 est lancé un stick pour les lèvres encore connu aujourd’hui, et deux ans plus tard une crème si blanche que son nom signifie « neige » : Nivea. Mais ces développements furent basés sur les huiles minérales, issues du pétrole, et sur les silicones totalement synthétiques. La plupart des marques qui se créèrent alors s’écartèrent du naturel ou, quand elles y vinrent, ce fut pour utiliser des animaux morts, que cela soit au début des… embryons, plus tard des tissus moins complexes ou des fractions de protéines.

Le retour du naturel après un siècle de chimie

Mais depuis quelques décennies comme on le sait, de nombreuses marques proposent des produits sympathiques, qui respectent totalement la philosophie également appliquée pour la fabrication de leurs produits de soin.

Dans ces produits de maquillage, la réalité de la « naturalité » dépasse largement la simple présence de quelques vitamines ou minéraux nutritifs mis en avant par les marques classiques qui veulent surfer sur l’envie de naturel des consommatrices (et consommateurs).

Avec le maquillage naturel certifié, la base est exclusivement végétale. Aucune huile minérale ou silicone, qui au mieux sont neutres ou au pire créent un effet « occlusif » (bouchant potentiellement les pores et empêchant la peau de respirer), voire une accoutumance préjudiciable. Rouges à lèvres, fond de teint, fard à paupières sont sur base d’huiles ou de cires végétales. Les agents hydratants, en plus des vitamines comme par exemple la vitamine E, sont totalement d’origine naturelle, parfois issus des plantes. Ces produits contiennent des actifs calmants, comme le bisabolol (extrait de camomille) ou réellement nourrissantes, comme l’huile de jojoba. Employer du maquillage naturel et bio certifié, ce n’est pas seulement embellir de façon ponctuelle l’aspect de sa peau : c’est vraiment en prendre soin, la protéger durablement et la nourrir, comme le fait un bon soin bio pour le visage. Le maquillage bio est le complément parfait des produits de beauté bio.

En bio, le maquillage est un vrai soin cosmétique, capable de protéger la peau. Ce n’est pas seulement une effet de façade (image nastya_gepp via Pixabay).

D’autant plus que les colorants sont exclusivement des sels minéraux, pigments naturels parfaitement lavés de toute trace éventuelle de métaux lourds nocifs : oxyde de fer pour le jaune, brun, rouge ou noir, ultramarine pour le bleu, dioxyde de titane pour le blanc, etc.

Et surtout, pas d’ingrédient animal « caché », comme on le voit encore chez les marques conventionnelles qui utilisent du rouge cochenille dans les rouges à lèvres (paradoxalement appelé Natural Red 4), c’est-à-dire un extrait de puceron, ou encore de la soie dans les poudres, tous deux produits à partir d’insectes que l’on tue pour cela. Mais soyez vigilants : quelques marques de cosmétique naturelle les emploient quand même dans certains de leurs produits. A vous de voir si c’est un critère qui compte pour vous.

Belle sans préjudice pour la nature

Certes, l’absence de produits chimiques et de colorants de synthèse ne permet pas aux fabricants de proposer des palettes aussi complètes que les marques traditionnelles. La palette de couleurs proposées est donc « par construction » (l’origine des couleurs, c’est la nature, qui n’offre pas des couleurs stables de toutes les teintes) plus réduite. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas de choix ! Il suffit de regarder l’assortiment proposé par chaque marque isolément pour s’en convaincre : il y a largement de quoi faire avec toutes les carnations de peau, de la plus claire à la plus sombre, et lors de toutes les occasions, du maquillage « naturel » (nude) pour le quotidien au plus extravagant s’il le faut, pour les fêtes.

Les palettes de couleurs sont parfois réduites, mais répondent néanmoins à tous les besoin (image annca via Pixabay).

Mais insistons encore une fois : avec le maquillage naturel, l'effet nourrissant et hydratant n'est pas apporté que par quelques vitamines, mais bien par le fait, avant tout, que les huiles végétales sont la base des produits. Il est important de rappeler que les huiles végétales, contrairement aux huiles minérales et aux silicones, sont les seules apparentées avec les acides gras constitutifs de notre peau. Cet effet nourrissant est donc important, et au-delà de l’aspect esthétique ce maquillage participe à l’entretien de la peau. Aujourd’hui, on peut donc parfaitement être (encore plus) belle, en respectant totalement la nature.

Pas efficace, le maquillage bio ?

Concernant les utilisatrices qui pensent encore que le maquillage bio ne tient pas la comparaison avec son équivalent (son inspirateur…) conventionnel, soulignons que cela fait maintenant plus de 20 ans que les premiers cahiers des charges de cosmétique bio sont apparus. La croissance du marché aidant, le besoin en matière première a également augmenté, permettant aux fabricants d’ingrédients d’investir dans un créneau qui n’était auparavant qu’une petite niche.

Grâce à cela, la qualité de tous les produits de maquillage, comme celle des produits de soin, a considérablement augmenté, tant en terme de couvrance que de tenue et, aussi quand même, de teintes disponibles.

Seuls deux familles de produits de maquillage naturel ne peuvent pas (encore) tenir les mêmes promesses en matière de tenue : les vernis à ongles et le mascara, parce que justement ils ne contiennent pas les ingrédients chimiques potentiellement dangereux que le conventionnel persiste à employer.

Concernant le mascara, qui existe dûment certifié bio, cela ne signifie pas qu’on obtient pas de jolis effets structurants. Mais s’il ne permet pas d’allonger indéfiniment les cils, c’est parce qu’on n’y trouve pas ce qu’on pourrait qualifier de « plastique liquide ». Ne nous leurrons pas : si le mascara conventionnel double la longueur des cils, c’est bien parce qu’il rajoute dessus de la matière synthétique, avec tous les risques que cela représente !

Le vrai vernis à ongles bio, c’est encore un peu la « quadrature du cercle » (image Olichel via Pixabay).

Quant au vernis à ongles « bio », notons que ce terme est largement galvaudé, parfois utilisé très abusivement : la plupart des vernis « naturels » ont certes fait l’impasse sur les ingrédients les plus douteux (les fameux 5- , 6- , 7- , 8-Free… voire plus), mais ils restent basés sur la chimie. Car un vernis à ongles, pour simplifier, ce sont des pigments dans un solvant (qui doit s’évaporer), avec un durcisseur… Et là il faut un minimum de chimie, les maquillages « à l’eau » ayant encore beaucoup de progrès à faire, il faut le reconnaître. Faire le choix d’un vernis « X-Free » donne cependant la garantie d’avoir un produit qui, au moins, ne contient pas les composants qu’il faut impérativement éviter (allergies, irritations, pollution, etc.).

Mais pour revenir à « l’efficacité » du maquillage, il n’y a qu’à demander en premier lieu à tous les professionnels et professionnelles (esthéticiennes, maquilleurs de cinéma, de télévision ou de mode) qui ont un jour fait le test de passer au maquillage bio… Rares sont ceux et celles qui n’ont pas été (agréablement) surpris par la facilité d’emploi du bio et les multiples possibilités qu’il offre.

Et surtout, innombrables sont les esthéticiennes qui vous raconteront leurs anecdotes avec des clientes qui ne supportaient plus le maquillage conventionnel (en premier lieu le maquillage des yeux, zone très sensible) mais chez qui le maquillage bio convient parfaitement, très bien supporté. Une nouvelle preuve des bénéfices certains des cosmétique bio formulés par des marques de plus en plus compétentes, y compris en maquillage.