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Alimentation : les bases
LIEN ENTRE BIO ET BONNE SANTÉ : C’est scientifiquement prouvé !

LIEN ENTRE BIO ET BONNE SANTÉ : C’est scientifiquement prouvé !

(image valeria_aksakova via Freepik)

Les Français consomment de plus en plus de produits bio, même si cela ne représente pas la majorité de leur alimentation, et encore moins de l’hygiène-beauté ou de l’entretien des maisons. Les industriels conventionnels l’ont bien compris, ne voulant pas perdre un marché en croissance. Mais en même temps, il reste – étonnamment, dirons-nous –de détracteurs qui persistent à affirmer que les bénéfices de la Bio ne sont pas prouvés. Quand arrêteront-ils de nier l’évidence ?

Une intéressante compilation

Ce n’est pas la première fois qu’un magazine qui n’a pas l’habitude de ne pas vérifier ces sources se penche sur les bienfaits de l’alimentation biologique. Mais quand ce magazine est reconnu pour son sérieux, ce qu’on peut y lire n’en a que plus de poids. C’est de toute évidence le cas du magazine Science & Vie qui, né en 1913, est une excellente revue de vulgarisation scientifique. Depuis donc plus d’un siècle, cette revue a démontré la qualité de son contenu avec des collaborateurs de renom. Ses articles touchent à tous les domaines, éclairant ses lecteurs de façon sérieuse et posée, de façon pragmatique, avec même des positions fortes contre les « pseudo-sciences », qui ne peuvent laisser croire à un quelconque laxisme ou une éventuelle superficialité scientifique.

En mars 2019, sous le titre « Manger bio est-il vraiment bon pour la santé ? », son édition « Questions-Réponses » a fait le point – informations reprises en avril 2020 sur l’édition en ligne de la revue, sur certains avantages démontrés des aliments bio. Petite explication de texte car il est à notre sens utile de bien documenter les arguments, au risque de voir les détracteurs répondre « Vous nous citez qui articles qui mentionnent "des études", mais lesquelles ? »

Alimentation bio et cancer

Une des premières choses à laquelle on pense quand on parle des traitements chimiques des produits alimentaires (herbicides, insecticides et autres pesticides et produits phytosanitaires), c’est le risque de cancer. La médiatisation des agriculteurs atteint de cancers qui ont gagné leur procès contre le fabricant du glyphosate - l’herbicide le plus vendu au monde - a participé à cette connaissance.

De nombreuses études menées par des organicismes au sérieux incontestable ont montré que manger des produits bio, qui n’ont donc pas subi de tels traitements, réduit le risque de cancer. L’article-compilation de Science & Vie en cite deux.

La première est une « récente étude britannique réalisée sur 623 080 femmes, qui a conclu à une réduction de 21 % du risque de lymphome non hodgkinien (un cancer du sang) chez celles qui consomment souvent des aliments bio ». Dans la pratique, vérification faite, il s’agit précisément d’une étude intitulée « Organic food consumption and the incidence of cancer in a large prospective study of women in the United Kingdom » (« Consommation d'aliments biologiques et incidence du cancer dans une grande étude prospective sur les femmes au Royaume-Uni »), parue en mars 2014 dans le British Journal of Cancer, revue de référence s’il en est.

Ces plus de 620 000 femmes consommaient pour 30 % jamais de produits bio, pour 63 % parfois et 7 % régulièrement. L’étude a comparé l’apparition de quelques cancers différents chez ces trois catégories de femmes. Si la consommation de produits bio n’a pas été associée à une réduction de l'incidence de tous ces trois cancers, en particulier pas celle des « sarcomes des tissus mous » (cancers des vaisseaux sanguins, des nerfs, des muscles, des graisses…) ou des cancers du sein, il a été effectivement constaté une réduction, chez les femmes consommant parfois ou régulièrement bio, du risque de « lymphomes non hodgkinien », qui sont plus précisément des cancers du système immunitaire sanguin (et donc des ganglions lymphatiques), qui sont les 6e les plus fréquents en France.

L’autre étude sous-entendue par Science & Vie date quant à elle de 2013, « expertise de l'Inserm[1] [qui] suggérait, elle, des effets contre le cancer de la prostate ». Mais en fait, plus récemment, on peut encore citer plus utilement un communiqué du même Inserm datant de fin octobre 2018 : « Une diminution de 25% du risque de cancer a été observée chez les consommateurs "réguliers" d’aliments bio par rapport aux personnes qui en consomment moins souvent. C’est ce que révèle une étude épidémiologique menée par une équipe de l’Inra, Inserm, Université Paris 13, CNAM, grâce à l’analyse d’un échantillon de 68 946 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Bien que le lien de cause à effet ne puisse être établi sur la base de cette seule étude, les résultats suggèrent qu’une alimentation riche en aliments bio pourrait limiter l’incidence des cancers » Cette étude avait été publiée dans le JAMA Internal Medicine, autre revue internationale de très haut niveau, le 22 octobre 2018.

Bien sûr, aucun aliment ou autre produit bio ne « guérit » du cancer, mais c’est bien par défaut, c’est-à-dire par l’absence dans l’alimentation bio des pesticides dont de nombreux sont classés « cancérogènes probables », que l’on voit bien que cette alimentation bio protège contre les risques de cancer ! Alors pourquoi s’en priver ?

(image RitaE via Pixabay)

Les allergies

Concernant les allergies, Science & Vie évoque « une étude néerlandaise menée sur 2 764 mères et bébés [qui] a montré que la consommation exclusive de produits laitiers biologiques, pendant la grossesse et l'enfance, était associée à une réduction de 36 % du risque d'eczéma à l'âge de 2 ans ». Là aussi, vérification faite, il s’agit de l’étude, baptisée Koala Birth Cohort Study, publiée en maris 2008 dans le British Journal of Nutrition. Elle a comparé, chez des bébés allant des nourrissons jusqu’à l’âge de 2 ans, l’impact d’un régime alimentaire défini comme conventionnel (moins de 50% d’aliments bio), modérément bio (50 à 90 % bio) ou strictement bio (plus de 90 % bio) sur des manifestations atopiques comme l'eczéma et la respiration sifflante. Sur l’ensemble des enfants étudiés, l'eczéma était présent chez 32 % des nourrissons, une respiration sifflante récurrente chez 11 % et une respiration sifflante prolongée chez 5 %. À 2 ans, 27 % des enfants étaient sensibilisés à au moins un allergène. Parmi tous ces enfants, 10 % avaient consommé une alimentation modérément bio et 6 % une alimentation strictement bio. Et effectivement, la consommation de produits laitiers bio a été associée à un risque d'eczéma plus faible de 36 %. Par contre, aucun lien avec une réduction du développement d'eczéma, de respiration sifflante ou de sensibilisation atopique n’a pu être trouvé avec la consommation de viande, de fruits, de légumes ou d'œufs bio, ni avec la proportion de produits bio dans l'alimentation totale.

Bio et surpoids

Résumé de Science & Vie à propos du surpoids : « Le bio pourrait bien protéger contre le surpoids, l'obésité et le diabète de type 2. Une étude française menée en 2017 sur 62 000 personnes a mis en évidence une baisse du risque de surpoids et d'obésité - respectivement de 23 % et de 31 % - chez les grands consommateurs de bio ».

L’étude à laquelle le magazine fait ici référence est la très importante étude NutriNet-Santé, déjà évoquée plus haut, lancée en fait dès 2009 par Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé. Dirigée par le professeur Serge Hercberg, le nom de ses cofinanceurs est un des gages de son sérieux : ministère des Affaires sociales et de la Santé, Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES), Institut de veille sanitaire (InVS), Université Paris 13, Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Institut national de la recherche agronomique (Inra), Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et Fondation pour la recherche médicale (FMR).

Cette étude a montré que l’augmentation de l’IMC (indice de masse corporelle qui, plus il est élevé, plus il indique le surpoids voire l’obésité) au fil du temps a été plus faible parmi les grands consommateurs d'aliments biologiques en comparaison avec les faibles consommateurs, et qu’effectivement le risque d'obésité était réduit de 31 % chez les grands consommateurs d'aliments bio par rapport aux faibles consommateurs.

Cette étude a également montré que les consommateurs (réguliers ou occasionnels) d’aliments bio présentaient moins d’hypertension, de diabète de type 2, d’hypercholestérolémie et de maladies cardiovasculaires (chez les hommes seulement dans ce cas) en comparaison des non-consommateurs. Néanmoins, il faut le souligner par honnêteté, ces consommateurs bio avait plus fréquemment déclaré des antécédents de cancer, un diagnostic qui à lui seul peut entraîner des changements alimentaires positifs expliquant ces meilleurs résultats.

(image jcomp via Freepik)

Les troubles cognitifs

Concernant la question des troubles cognitifs, Science & Vie écrit : « On sait désormais que les pesticides - interdits dans l'agriculture biologique - ont des effets néfastes sur le développement cognitif des enfants. Trois grandes études américaines ont montré que l'exposition des mères, lors de la grossesse, à certains insecticides était associée à un retard du développement psychomoteur et mental lors des 7 premières années de vie, à un Q. I. plus faible et à un risque accru de troubles de l'attention. Manger bio prévient donc ces risques ».

Une des études américaines ici sous-entendues est une étude faite sur les naissances au sein de familles d’agriculteurs californiens (cohorte CHAMACOS), qui a montré que les concentrations de métabolites organophosphorés (résidus de pesticides) dans les urines des mamans pendant la grossesse étaient associées à des réflexes anormaux chez les nouveau-nés, à un mauvais développement mental à 2 ans, à des problèmes d'attention à 3 ans ½ 5 ans, et à un développement intellectuel moins important à 7 ans. Allant dans le même sens, une autre étude faite à New York a montré une altération du développement cognitif à l'âge de 12 et 24 mois et de 6 à 9 ans, en lien avec les concentrations d'organophosphates dans l'urine des mères pendant la grossesse. Enfin, dans une autre groupe de naissances du centre-ville de New York, la concentration de chlorophyrifos organophosphoré (un pesticide) dans le sang du cordon ombilical a été associée à un retard de développement psychomoteur et mental chez les enfants au cours des 7 premières années de la vie, à une mémoire de travail et à un QI plus faible à 7 ans, le tout avec des changements structurels au niveau du cerveau dont une diminution de l'épaisseur du cortex (qui « héberge » nos capacités cognitives et fonctionnelles) dans le cerveau des enfants d’âge scolaire et des tremblements légers à modérés dans les bras à l’âge de 11 ans.

Par définition, les produits bio ne contenant pas ce genre de pesticides, en manger évite donc de s’exposer aux risques et conséquences découverts !

… et l’antibiorésistance

Enfin, le dernier bénéfice prouvé d’une alimentation bio évoqué par Science & Vie concerne l’antibiorésistance : « C'est l'un des avantages de l'agriculture biologique : elle limite drastiquement l'usage des antibiotiques. Car leur utilisation intensive dans les élevages traditionnels, pour éviter la propagation des maladies animales, est un facteur important d'apparition de bactéries résistantes aux antibiotiques chez les hommes qui en consomment la viande ».

Pour appuyer cette affirmation du magazine, on peut citer le fait qu’il a été montré que la réduction de l'utilisation d'antibiotiques dans les élevages bio diminuerait le risque de développement d'une résistance aux antibiotiques. Cette étude a été publiée sous le titre « Veterinary drug usage and antimicrobial resistance in bacteria of animal » (« Utilisation de médicaments vétérinaires et résistance antimicrobienne chez les bactéries des animaux ») en 2005 dans Basic & Clinical Pharmacology & Toxicology, qui est le journal de la Nordic Association for the Publication of BCPT (appelée précédemment Nordic Pharmacological Society).

Cela a été également démontré précisément en ce qui concerne la résistance des bactéries E. Coli, avec une comparaison entre des porcs d’élevage bio et d’élevage conventionnel, le compte-rendu ayant été publié en 2016 dans PloS One (revue éditée par la Public Library of Science américaine) sous le titre « Antibiotic resistance in Escherichia coli from pigs in organic and conventional farming in four European countries » (« Résistance aux antibiotiques chez Escherichia coli provenant de porcs en agriculture biologique et conventionnelle dans quatre pays européens »).

Il a également été démontré que l’abandon de l'utilisation prophylactique des antibiotiques (c’est-à-dire en prévention), lorsque des élevages de volailles sont passés des normes de production conventionnelles aux normes de production biologique, a entraîné une diminution de la quantité des Salmonella résistantes aux antibiotiques. Cette démonstration a été publiée en 2014 (« Lower prevalence of antibiotic-resistant salmonella on large-scale US conventional poultry farms that transitioned to organic practices », soit « Présence plus faible des salmonelles résistantes aux antibiotiques dans les grandes exploitations avicoles conventionnelles américaines qui se sont converties à des pratiques biologiques ») dans Science of the Total Environment, une revue scientifique internationale couvrant les sciences de l'environnement.

Enfin, citons encore qu’il a été constaté que les produits issus d'élevage animaux bio sont moins susceptibles de contenir des bactéries résistantes dans la viande de porc et de poulet, comme on peut le lire dans l’article scientifique « Are organic foods safer or healthier than conventional alternatives?: a systematic review » (« Les aliments biologiques sont-ils plus sûrs ou plus sains que les alternatives conventionnelles? : Une revue systématique »), paru en 2012 dans Annals of Internal Medicine, une revue médicale créée par l'American College of Physicians.

On ne peut donc plus en douter : les bénéfices santé des aliments obtenus par l’agriculture et l’élevage biologique sont donc bien documentés scientifiquement.

(image boryanam via Freepik)

[1] Institut national de la santé et de la recherche médicale.