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Dossier produit
Le marché de la bio
Produits locaux et réseau bio

Produits locaux et réseau bio

Dans les informations révélées par le « Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France » de l’Agence Bio, édition 2018, figure le fait que parmi les critères d’achat d’un produit bio il y a, le goût pour 95 % des consommateurs et le prix pour 91 %, mais aussi l’origine française pour 92 % et même l’origine locale pour 89 %. 76 % des personnes interrogées (81 % des consommateurs bio) étaient d’accord avec l’affirmation « Je privilégie les achats de produits locaux, les circuits courts ». Et 4 consommateurs bio sur 10 ont la volonté de se rapprocher des petits producteurs dans le futur.

Après les nombreux scandales alimentaires que la France a connus ces derniers temps, la production locale, notamment celle des petits opérateurs, est a priori rassurante, car ressentie comme un gage de traçabilité et de transparence, éléments de plus en plus essentiels, même en dehors du circuit bio. Et qui dit origine locale dit également bien sûr circuit court, et donc impact environnemental réduit, autre critère de plus en plus important pour les consommateurs. Sans oublier que cela permet aussi de soutenir les emplois en région, notamment dans les zones rurales. Un point tout à fait en phase avec la « philosophie bio ».

Dès son origine, le réseau bio s’est d’ailleurs appuyé sur des producteurs et transformateurs locaux, ne serait-ce que parce que durant les « années pionnières », les fabricants d’envergure nationale étaient peu nombreux. Les magasins spécialisés naissants ont aidé les premiers producteurs bio et inversement, proximité qui est restée une « tradition » même lorsque les premières enseignes bio en réseau sont nées. Ainsi, cela fait plusieurs années que le réseau Biocoop a fait du local un de ses chevaux de bataille, mais c’est également le cas de La Vie Claire, de L’Eau Vive, etc. et d’innombrables magasins bio indépendants.



À l’instar cependant du vegan, du vrac et même du bio en général, le réseau bio doit faire face à une concurrence multiple pour la vente des produits locaux. Les agriculteurs, outre la vente directe à la ferme ou sur les marchés, peuvent ainsi s’organiser entre eux pour ouvrir des magasins de producteurs en mutualisant leurs moyens. D’autres types de réseaux de circuits courts ont vu le jour, comme Locavor, organisation tripartite producteurs - consommateurs - gérant du point de vente qui compte à ce jour 150 « boutiques ».

Les grands acteurs de la distribution, toujours à l’affut de marchés promettant du profit potentiel (comme le bio, le vegan ou les produits d’occasion) n’ont bien sûr pas manqué de  « faire main basse » sur les produits locaux. Les enseignes de la GMS se sont ainsi lancées il y a quelques années déjà, à grand renfort de publicité, pour souligner leur collaboration avec des petits producteurs situés à proximité des magasins : Carrefour, Leclerc ou Intermarché se sont notamment faits les « champions » du local, vantant leurs « chartes éthiques » mises en place. Même Amazon a lancé sur son « marketplace », en novembre 2018, une « Boutique des producteurs » locaux, où des producteurs régionaux français proposent près de 2 000 références (des produits préemballés) à ses millions de clients européens. Amazon présente cette initiative comme du « circuit court », le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur étant réduit à un seul.

Acheter local est une attente forte des consommateurs et comme dit plus haut, le réseau bio a une réelle légitimité en la matière. Le but n’est évidemment pas de faire concurrence aux agriculteurs et artisans transformateurs qui ont les moyens de s’organiser pour vendre en direct. Mais pour tous les autres qui n’ont pas la possibilité de le faire, le magasin bio, indépendant ou non, est une vitrine idéale qui ne peut que « parler » au consommateur, surtout avec l’argument de la qualité bio et d’une rémunération juste du producteur, qui n’a jamais été, au-delà des grands discours marketing, une réalité de terrain en GMS ou chez Amazon Marketplace, comme le savent bien les consommateurs. Et proposer du « bio local » est aussi une façon d’offrir au consommateur du « bio premium », manière de se différencier face à la GMS et ses MDD bio.


Sources : Agence Bio, presse économique