► Retour à la home
Annuaire Vert
Dossier produit
Covid 19
Puisqu’il faut vivre masqué, les choses à savoir

Puisqu’il faut vivre masqué, les choses à savoir

Le port du masque fait partie de notre vie depuis le printemps 2020, et pour encore longtemps (image TheOtherKev via Pixabay).

 

Cet article est écrit fin 2020, après une année marquée par la pire pandémie qu’a connue notre planète depuis celle de la grippe espagnole après la Première Guerre mondiale. Même l’arrivée de vaccins contre le Covid-19 ne fera pas disparaître du jour au lendemain. Dès lors, quoi qu’en disent certains complotistes et autres trolls1, le masque de protection faciale va faire partie encore longtemps de notre quotidien. Puisqu’il faut donc vivre masqué, masquons-nous dans les meilleures conditions et en connaissance de cause. 

 

Le masque « chirurgical », une protection qui a fait ses preuves

 

Porter un masque de protection sur la bouche et le nez n’est pas une idée nouvelle. Au Moyen Âge, en raison de l’intuition que certaines maladies pouvaient se répandre dans l’air, alors que les microbes n’étaient pas encore connus, on pensait que c’était des « miasmes », une sorte de « mauvais air », qui étaient la cause de ces maladies. Pour se protéger - les médecins en particulier - portaient des masques parfumés que l’on pensait pouvoir empêcher de respirer ce « mauvais air ». Les plus connus de ces masques sont ceux en forme d’immenses becs d’oiseaux, dans lesquels on plaçait des éponges imprégnées d’une substance odorante, comme le camphre, le vinaigre ou des plantes aromatiques, comme le thym, la rose, ou le clou de girofle.

 

C’est avec la compréhension de l’origine microbienne des maladies au 19e siècle, grâce à Louis Pasteur en particulier, que des chirurgiens eurent l’idée, en 1897, de se protéger le visage avec une pièce de gaze portée sur le nez et la bouche pour éviter les infections lors des opérations chirurgicales. Le masque chirurgical était né. Un peu plus tard, préconisé pour l’ensemble de la population, il sauva des milliers de vie en étant porté durant l’épidémie de « peste de Chine » qui sévit en 1910-1911 puis lors la pandémie de grippe espagnole qui apparut en 1918.

 

1 Dans le monde du web, sur les forums et les pages Facebook en particulier, un « troll » est le mot qui sert à désigner une personne qui écrit des commentaires pour créer intentionnellement une polémique, en faisant l’apologie de positions extrêmes, en diffusant des contre-vérités, si nécessaire en injuriant les autres participants qui défendent la logique.. Les raisons d’agir de ces trolls sont variées, allant du simple plaisir de se croire puissant en créant du désordre à la volonté ciblée de détourner l’attention du sujet principal du débat (en politique, par exemple).

 

Infirmières de la Croix Rouge américaine portant des masques en 1918 durant l’épidémie de grippe espagnole (image Wikimedia Commons).

 

Non, on ne risque pas de mourir ni même de s’intoxiquer en portant un masque !

 

Pour l’ensemble du monde scientifique, dans tous les pays, il est largement prouvé que le port du masque est un élément central de la protection contre toutes les maladies diffusées par voie aérienne, c’est-à-dire par ces micro-gouttelettes que nous expulsons en respirant, en parlant, en toussant ou en éternuant.

 

Malheureusement, parce que nous vivons une époque où les rumeurs et autres « fake news » sont devenues quasiment une règle, quel que soit le sujet, des millions de gens sont devenus « anti-masque ». Il est quand même paradoxal de voir que ces personnes ne font plus confiance à la science et aux faits (science qui, il est vrai avance souvent par à-coups, en apprenant de ses erreurs) mais accordent leur confiance à des individus souvent anonymes, qui n’ont pas la moindre compétence dans le domaine qu’ils critiquent, bénéficiant simplement d’une bonne caisse de résonance, soit via les réseaux sociaux et leur effet « boule de neige », soit parce qu’ils ont une certaine notoriété.

 

Impossible de lister ici toutes les fake news alias « infox » qui circulent à propos des masques. Le pire, c’est que certaines de celles-ci portent en elles-mêmes la preuve de leur ineptie, comme celle qui voudrait que « les gouvernements veulent imposer le port du masque pour mieux contrôler les citoyens ». Mieux contrôler les citoyens rendus difficiles à reconnaître derrière un masque qui cache une bonne partie du visage ? Pas très rationnel !

 

Nous ne citerons que quelques contre-vérités, à combattre en permanence.

 

D’abord, les masques ne laisseraient pas passer le virus parce que ces derniers sont de toutes façons plus petits que les mailles des masques, qu’ils soient jetables ou en tissu lavable. Phrase fort peu élégante à ce propos, souvent reprise : « Quand je pète (!) mon slip n’arrête pas l’odeur, comment un masque pourrait-il arrêter un virus ! ». Comment, plutôt, peut-on surtout être aussi idiot pour comparer des molécules de gaz et des virus, qui n’ont ni la même taille ni les mêmes propriétés physiques ?!

 

Certes, la taille du coronavirus est inférieure à celle des « mailles » ou des « pores » des masques. Mais le coronavirus n’est jamais libre dans l’air mais transporté par des gouttelettes que nous excrétons (micro-postillons ou micro-gouttelettes dans l’air humide que nous expirons), qui elles, tout simplement, sont plus grosses que les mailles.

 

Si les mailles des masques sont effectivement plus larges que les virus (image de gauche), dans la pratique, les virus étant toujours inclus dans des micro-gouttelettes (image de droite), ces mailles permettent bien d’arrêter le passage des virus ainsi enrobés. Images copies d’écran d’une vidéo de la chaîne YouTube « It's Okay To Be Smart ».

 

 

En plus, dans les masques chirurgicaux spécialement conçus à but hygiénique, il intervient entre autres un phénomène d’adsorption par capture électrostatique des gouttelettes (« collage » sur les fibres), phénomène que nous ne détaillerons pas ici, par manque de place. Disons simplement que le masque n’agit pas seulement comme un simple tamis et que les études qui prouvent que les masques réduisent largement la projection de gouttelettes contaminantes sont innombrables.

 

Non également, on ne risque pas d’étouffer en portant un masque, par manque d’oxygène. Justement par ce que l’oxygène, un gaz, n’est pas affecté par la structure du masque, et encore moins par la taille des mailles : les molécules de gaz sont bien plus petites que ces dernières et traversent sans souci le masque. On remarquera d’ailleurs que la comparaison faite par certains avec le…. port du slip et certains gaz odorants malencontreux est ici totalement oubliée, alors qu’elle est justement pertinente dans le cas présent !

 

Donc aucune hypoxie (manque d’oxygène) en cas de port du masque. Cela fait des décennies que des chirurgiens en portent, parfois pendant de longues heures durant une opération difficile, et si certains étaient morts à cause de cela, on le saurait depuis des années ! L’histoire partagée sur les réseaux sociaux rapportant que quelques enfants seraient morts en raison du port du masque est une invention totale.

 

La preuve d’un passage normal de l’oxygène a été démontrée à plusieurs reprises par des médecins : la saturation en oxygène (que l’on mesure instantanément avec un oxymètre, petit appareil que l’on pose sur le bout d’un doigt) ne bouge absolument pas, même avec 6 ou 7 masques superposés !

 

La seule chose qui est vraie, c’est que l’on peut avoir une sensation d'inconfort donnant l’impression « d'étouffer », mais cela est purement psychologique, entre autres chez les personnes angoissées, la difficulté à respirer étant liée à cette angoisse, que l’on soit masqué ou pas ! Cette difficulté à respirer et/ou l’hyperventilation est en effet un phénomène bien connu lors des crises d’angoisse ou d’anxiété. En fait, porter le masque est juste une question d’habitude… Remarque personnelle de l’auteur de ces lignes : je pratique la moto depuis des dizaines d’années et ai toujours porté un foulard voire une épaisse écharpe sous le casque, en hiver pour me protéger du froid et en été des insectes. Le port du masque est pour moi un geste qui dans un sens n’est pas nouveau, et ne me gêne absolument pas, au point d’oublier que j’en porte un.

 

Par forte chaleur cependant, c’est vrai également, le masque entraîne une sudation, sudation qui peut provoquer chez les personnes à la peau sensible des réactions d’irritation (la sueur est acide). Mais c’est une gêne qui rien à voir avec un risque d’hypoxie.

 

Pour les mêmes raisons, il n’y a pas le moindre risque de s’empoisonner avec le dioxyde de carbone (CO2) que nous expirons : ses molécules gazeuses sont également infiniment plus petites que le maillage des masques. Le CO2 traverse le masque sans aucun empêchement et on ne « s’empoisonne » donc pas avec son propre CO2.

 

Autre ineptie profonde : on risquerait de s’empoisonner avec les « toxines » que l’on expire. Une affirmation qui fait peur, tant le mot « toxines » est chargé de sens, alors que pourtant il est souvent employé à tort et à travers. Lorsqu’on respire, on n’exhale aucune toxine. Pour parler franchement : c’est du grand n’importe-quoi. Dans le même ordre d’idée, porter le masque provoquerait une « auto-infection » par l’absorption des microbes que nous expirons. La plupart des « microbes » que nous portons sont les germes, parfaitement normaux, que nous avons déjà dans notre bouche et dans notre nez, sans conséquence majeure, et qui ne sont pas susceptibles de nous rendre malades. Et si ce sont des germes pathogènes, c’est que nous somme de toutes façons déjà malades : ce n’est pas le port du masque qui va provoquer la maladie. Les masques ne sont pas des « usines à virus ».

 

Ils ne sont pas non plus des « nids à bactéries » ou des « nids à moisissures » au fil du temps. Dans les conditions normales d’utilisation (port durant 4 heures au maximum, pas plusieurs jours d’affilée !), il n’y a absolument aucune raison que des bactéries ou des moisissures (champignons) se développent dans un masque. Le seul risque, mais ce sera alors de votre faute, serait de le laisser traîner dans un endroit humide et sale où il pourrait commencer à moisir, puis de le mettre sur le visage.

 

Autre contre-vérité imaginée par les anti-masques : en portant un masque sur notre visage, nous ingérerions les substances polluantes contenues dans ces masques. Or, les masques chirurgicaux sont en polypropylène, le même matériau utilisé que pour un grand nombre d’emballages alimentaires. C’est un matériau inerte, qui a fait la preuve de son innocuité. Et sauf à le broyer ou à lui faire subir un traitement abrasif, aucune raison non plus d’ingérer des micro-particules de plastique.

 

Non, l’obligation du port du masque n’est pas un complot des gouvernements pour mieux contrôler, entre autres, les habitants de la planète (image jancickaL via Pixabay).

 

 

Passons sur les autres informations fausses, sans le moindre fondement scientifique, comme le fait que le port du masque détériorerait notre système immunitaire ou activerait des « rétrovirus dormants déjà présents dans l’organisme » (sic). Des phrases « ronflantes », utilisant un discours pseudo-scientifique apte à inquiéter le Français moyen, mais que ceux qui les répandent sont totalement incapables d’expliquer de façon raisonnée et démontrée. Passons également les allégations délirantes comme que le fait que de toutes façons il n’y a pas de pandémie de Covid-19 (re-sic), ou celle diffusée par des anti-masques américains, mais également par une femme médecin française (radiée depuis de l’Ordre des médecins) affirmant que le port du masque serait « un rituel des pédo-satanistes ».

 

Bien porter le masque

Heureusement, la grande majorité des Français considère le port du masque comme un moyen efficace de limiter la propagation du virus. Un masque absolument essentiel à l’intérieur, pour se protéger et protéger les autres, mais parfois aussi à l’extérieur, il faut le dire, quand on reste de façon statique à côté d’autres personnes à courte distance, car les projections de micro-gouttelettes par notre bouche ou notre nez peuvent aller parfois jusqu’à deux mètres.

 

Le souci est que si porter le masque est une chose, bien le porter en est une autre. Il suffit de regarder autour de soi, là où son port est obligatoire, ou bien certains reportages télévisés, pour se rendre compte de la légèreté avec laquelle cette obligation est respectée.

 

Se protéger, il faut bien le comprendre et le faire comprendre, cela signifie faire barrière aux micro-gouttelettes que nous pouvons aspirer et expirer par notre bouche mais aussi par le nez. D’ailleurs, en général, c’est par le nez que respirons : c’est donc le point de passage potentiel principal du virus. Porter le masque seulement sur la bouche, pour se donner bonne conscience, est donc une aberration totale : le masque doit bien couvrir le nez, sinon il ne sert presque à rien ! Sans parler de tous ceux qui le portent juste sur le menton, voire sous le menton ! Un peu de logique ne fait pas de mal : le but n’est pas juste de « porter le masque », sous-entendu n’importe où, mais bien de protéger nos voies respiratoires, point d’entrée du coronavirus.

 

Mamie et papy ont tout faux : pour être efficace, le masque ne doit pas être porté sous le nez ! (image Candid_Shots via Pixabay).

 

Et quand parfois on enlève un masque que l’on va remettre (pour boire, pour manger, pour conduire un instant parce qu’on se « sent mieux » sans masque, etc.), il ne faut pas le toucher, mais toujours l’attraper par les élastiques. On le pose ensuite sur sa face extérieure, idéalement sur un mouchoir en papier propre, avant de le remettre. En aucun cas il faut le mettre dans son sac à main, dans sa poche ou dans un sac à dos avant de le remettre, car il peut être potentiellement contaminé. Le mouchoir en papier est ensuite mis à la poubelle (sans toucher le côté où on a posé le masque) ou dans un sachet en plastique que l’on mettra à la poubelle dès que possible. S’il s’agit de masques lavables, même procédé, le sac plastique étant jeté après avoir mis le masque dans un bac à linge sale ad hoc. Dans tous les cas - car il est conseillé d’en avoir en permanence avec soi - on passera ses mains au gel hydro-alcoolique avant et après avoir manipulé le masque.

 

Le masque doit toujours être bien ajusté sur le nez, sinon l’air expiré ou inspiré peut passer sur le côté des ailes du nez. Avec les masques jetables, qui contiennent tous un filament métallique, il ne faut pas oublier de le pincer juste ce qu’il faut, à la racine du nez. Pour les masques lavables, il faut préférer ceux qui en contiennent également un, ou en introduire un soi-même. Une opération fortement conseillée lorsqu’on fabrique soi-même ses masques lavables, du fil de fer fin pour le jardin (gainé dans du plastique) convenant parfaitement à cet effet.

 

Bien pincer ce filament à la racine du nez est souvent suffisant pour éviter l’apparition de buée sur les lunettes, pour ceux qui en portent. Trop de buée est souvent le signe que le masque n’est pas bien porté et/ou pincé. Parfois, en fonction de la température, de la buée peut quand même apparaître. Dans ce cas, on peut se tourner vers les sprays anti-buée vendus par les opticiens ou vers les recettes que les « vieux motards » connaissent depuis longtemps, comme passer sur les lunettes un tout petit peu de savon liquide ou de liquide vaisselle, sans eau, réparti délicatement avec un mouchoir en papier. S’il y en a trop, renouveler l’essuyage avec du mouchoir en papier jusqu’à disparition du voile laissé par le produit… Internet regorge de plein d’autres astuces !

 

Pour terminer sur un autre conseil : évitez le port de simples visières en plastique transparent, façon « masque de soudeur ». Si elles peuvent être un complément de protection, évitant que votre visage, que vous pourriez toucher ensuite avec vos mains, ne soit contaminé par une personne face à vous, en aucun cas elles ne constituent une barrière à l’expiration où à l’inspiration d’un air contaminé. Celui-ci, s’il ne passe pas au traversde la visière, passera largement sur les côtés et en-dessous ! Idem avec ces espèces de « masques-mentonnières » également en plastique transparent : là l’air que vous expirez est directement expulsé vers le haut avant de se diffuser quand même, et l’air qu’expire la personne en face de vous peut quant à lui tomber dans ce réceptacle que vous lui offrez généreusement, où vous le respirerez ensuite !

 

Prenez soin de vous et portez le masque dès que les conditions l’imposent, même en privé !

 

Les visières en plastique, qu’il s’agisse de celles fixées comme ici sur le haut de la tête ou de celles portées sur le menton, sont une mauvaise solution (image Engin_Akyurt via Pixabay).